L'Échelle du Paysage (Le Défi de l'Étendue)
Vue aérienne par drone du bassin versant et du lac
Chaque graine compte dans la bataille pour la restauration de la biodiversité
Capturée par drone, cette vue panoramique
dévoile l'immensité aride et majestueuse du bassin versant du SIBE
Aguelmam Tifounassine.
À droite, les eaux bleues du lac résistent
courageusement, joyau fragile au milieu des collines asséchées et
soumises à l'érosion. À gauche, blotties au creux du relief, les
bergeries et les habitations traditionnelles rappellent que ce paysage
n'est pas qu'un sanctuaire naturel : c'est un territoire vécu, le cœur
battant du pastoralisme local dont dépendent des dizaines de foyers.
C'est
sur ces vastes étendues rocailleuses, balayées par les vents, que se
déploie l'ambition du projet COMDEKS. Face à cette immensité, le chiffre
de 360 hectares restaurés prend tout son sens. Il témoigne de l'effort
monumental accompli à la main par les hommes du douar lors de la Touiza.
Aujourd'hui, sous cette terre dorée et sous le regard bienveillant des
communautés, les semences de l'« Agdal » attendent les prochaines pluies
pour reverdir l'horizon.
Photo réunissant les parties prenantes lors de la création officielle du Comité de Paysage
L'Union fait la Force (Création du Comité de Paysage)
La gouvernance environnementale est avant tout une aventure humaine et collective.
Dans cette salle, sous la bannière du projet de sauvegarde du SIBE Aguelmam Tifounassine, un jalon stratégique et décisif vient d'être posé : la création et la nomination officielle du Comité de Paysage.
Cette photographie immortalise une synergie rare et précieuse. Elle réunit sur une même estrade des représentants institutionnels, des experts scientifiques, des membres de l'AFMI et, surtout, les porte-voix des communautés locales. C'est l'incarnation parfaite de l'approche inclusive du programme COMDEKS : décloisonner les sphères de décision pour construire une gouvernance territoriale véritablement équitable et participative.
Désormais, les décisions majeures pour l'avenir du territoire ne se prennent plus en vase clos. Qu'il s'agisse de valider l'emplacement de la plateforme écotouristique ou de soutenir les règles de l'Agdal, chaque action est débattue au sein de ce comité pluridisciplinaire. Cette instance garantit que chaque intervention sur le paysage bénéficie d'une triple validation : sociale, institutionnelle et scientifique. Ensemble, ces femmes et ces hommes deviennent les garants officiels de la résilience de leur écosystème.
La Moisson de l'Avenir (La Collecte des Semences Autochtones)
Un membre de la communauté, équipé d'un gilet de sécurité, récoltant manuellement des semences pastorales
La
restauration de 360 hectares commence par un geste simple, ancestral et
minutieux : la récolte
Avant de pouvoir semer l'espoir, il faut d'abord en collecter les graines.
Sous l'ombre protectrice des cèdres, les membres de la communauté arpentent patiemment les parcours pour récolter manuellement les espèces pastorales endémiques. Équipé d'un gilet de sécurité à haute visibilité – un équipement de protection individuelle fourni par le projet pour garantir la sécurité des bénévoles et des ouvriers – cet homme rassemble avec soin les précieuses herbes sèches.
Chaque poignée glissée dans le sac représente le futur capital écologique du SIBE Aguelmam Tifounassine. Ces graines, forgées par la nature pour résister au rude climat du Moyen Atlas, ont une double destinée : elles viendront enrichir la nouvelle banque de semences communautaire pour garantir l'autonomie future du douar, et serviront de matière première vitale pour la technique du "semis en mélange". C'est un travail de patience et de précision, où la main de l'homme prépare avec respect la renaissance de son propre territoire.
Le Poids de l'Espoir (Logistique et Traçabilité
Regroupement et chargement des sacs de semences pastorales dans un véhicule de transport par l'équipe communautaire
LChaque graine compte dans la bataille pour la restauration de la biodiversité
Après des heures de récolte minutieuse sous le couvert des cèdres, vient le moment crucial de la centralisation de l'effort.
Une montagne de sacs, débordant d'herbes et de semences autochtones, s'accumule le long de la piste forestière. Toujours équipés de leurs gilets de sécurité haute visibilité, les ouvriers de la Touiza unissent leurs forces pour charger ce précieux butin écologique à l'arrière du pick-up.
Cette scène illustre la rigueur opérationnelle du projet mené par l'AFMI. Rien n'est laissé au hasard : pendant que l'équipe s'active au chargement, l'encadrement technique documente et coordonne l'opération en temps réel sur le terrain. Cette moisson locale va maintenant être acheminée vers les zones de traitement pour y subir le pesage et le fractionnement, avant d'être stockée dans des conditions contrôlées pour préserver son pouvoir germinatif. C'est ainsi que l'effort manuel solidaire se transforme en une véritable chaîne de valeur organisée, prête à reverdir le paysage du SIBE.